Le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) a longtemps été un choix prisé des investisseurs immobiliers, notamment pour ses avantages fiscaux attractifs. Mais la loi de finances pour 2025 vient bouleverser les règles du jeu, notamment en modifiant le calcul de la plus-value à la revente.
Alors, le LMNP est-il toujours une option intéressante pour investir dans l’immobilier locatif ? Spoiler : oui, mais avec quelques nuances.
Entre 2017 et 2021, le nombre d’investisseurs ayant déclaré des revenus sous le statut LMNP a bondi de 52 %, dépassant ainsi le million de contribuables concernés. Pourquoi un tel engouement ? Principalement grâce au régime fiscal avantageux, en particulier pour ceux qui optent pour le régime réel d’imposition.
En effet, le propriétaire peut déduire de ses revenus locatifs plusieurs charges, dont :✅ Les intérêts d’emprunt✅ Les charges d’entretien et de gestion✅ Et surtout, l’amortissement du bien, qui représente en moyenne 3 % de sa valeur chaque année.
Ce mécanisme permet, dans la majorité des cas, de neutraliser l’impôt sur les loyers perçus. Résultat ? Selon un rapport parlementaire, 68 % des bailleurs en LMNP au régime réel ne paient aucun impôt sur leurs revenus locatifs. Plutôt alléchant, non ?
Jusqu’à présent, l’un des grands atouts du LMNP était que l’amortissement ne venait pas impacter le calcul de la plus-value immobilière en cas de revente. Cela change avec la loi de finances 2025. Désormais, les amortissements déduits viendront diminuer le prix d’acquisition retenu pour le calcul de la plus-value. En clair, la base taxable à la revente sera plus élevée, ce qui signifie… plus d’impôts à payer.
Prenons un exemple concret :
👉 Avant 2025 : Vous achetez un appartement à 200 000 € et le revendez à 250 000 €. La plus-value imposable est de 50 000 €.
👉 Après la réforme : Si vous avez déduit 30 000 € d’amortissements, votre prix d’acquisition retenu ne sera plus de 200 000 €, mais de 170 000 €. Résultat : la plus-value imposable grimpe à 80 000 € !
Cela peut représenter une différence significative, surtout pour les investisseurs à long terme. Mais est-ce une raison suffisante pour fuir le LMNP ? Pas forcément.
Si cette réforme peut sembler dissuasive, plusieurs cas permettent d’y échapper :
🔹 Durée de détention : L’abattement progressif pour durée de détention est maintenu. Résultat :
🔹 Résidence principale : Si vous récupérez votre bien LMNP pour en faire votre résidence principale avant la revente, la plus-value reste totalement exonérée.
🔹 Transmission du bien : La donation ou la succession ne sont pas concernées par cette réforme.
🔹 Résidences avec services : Certains biens, notamment ceux situés en résidence services (hors résidences de tourisme), pourraient être exonérés de cette nouvelle règle.
Malgré cette évolution fiscale, l’investissement en LMNP garde de sérieux atouts :
✅ Rentabilité locative préservée : Cette réforme ne change en rien la rentabilité générée par les loyers. Vous continuez à percevoir des revenus avec une fiscalité plus douce que celle des revenus fonciers classiques.
✅ Régime réel toujours intéressant : Même avec cette modification, l’amortissement permet toujours d’annuler ou de réduire l’impôt sur les loyers, ce qui reste un avantage majeur.
✅ Un cadre souple et adaptable : Contrairement au statut de loueur en meublé professionnel (LMP), le LMNP évite les contraintes sociales et comptables plus lourdes.
Comme le souligne Frédéric Subra, avocat fiscaliste :
« La location meublée permet toujours de percevoir des revenus complémentaires avec une pression fiscale bien moindre qu’en matière de revenus fonciers. Elle reste donc une option très intéressante. »
Un flou juridique subsiste quant à l’application de cette réforme aux investisseurs soumis au régime micro-BIC (qui bénéficie d’un abattement forfaitaire de 50 % sur les loyers).
Certains experts, comme Baptiste Bochart, estiment que même ces investisseurs devront prendre en compte un amortissement théorique dans le calcul de la plus-value. Si cela se confirme, cela pourrait rendre le micro-BIC moins attractif qu’auparavant.
La réponse est oui, mais avec une stratégie adaptée.
✔️ Si votre objectif est de dégager des revenus locatifs sans être écrasé par les impôts, le LMNP reste très compétitif.✔️ Si vous visez une plus-value rapide, il faudra bien calculer l’impact fiscal avant d’investir.✔️ Si vous envisagez une transmission familiale ou une détention longue, cette réforme n’aura pas d’impact significatif.
En clair, le LMNP n’est pas coulé ! Il reste une solution pertinente pour ceux qui veulent investir dans l’immobilier avec une fiscalité avantageuse… à condition de bien anticiper la revente.
Oui, le régime réel permet toujours de déduire les charges et d’amortir le bien, ce qui neutralise souvent l’impôt sur les loyers. La réforme n’impacte que le calcul de la plus-value à la revente. Si vous envisagez une détention longue (plus de 22 ans), l’impact est nul grâce aux abattements pour durée de détention.
Le statut LMP (loueur meublé professionnel) s’applique lorsque les recettes locatives dépassent 23 000 € par an et représentent plus de 50 % des revenus du foyer. Le LMP offre des avantages supplémentaires (imputation des déficits, exonération sous conditions) mais impose des cotisations sociales plus lourdes et des obligations comptables renforcées.
Le régime réel est presque toujours plus avantageux, car l’amortissement du bien permet souvent de réduire l’impôt sur les loyers à zéro. Le micro-BIC (abattement de 50 %) est plus simple administrativement mais fiscalement moins optimisé. Un professionnel peut comparer les deux options avec vos chiffres réels.
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