"Je facture 3 000 euros par mois, il me reste combien ?" C'est la question que j'entends le plus souvent en coaching avec les micro-entrepreneurs. Et la réponse surprend presque toujours, parce que personne ne vous explique clairement comment additionner les différentes couches de prélèvements.
Dans ma pratique, je vois des indépendants qui découvrent le montant de leurs cotisations URSSAF au moment de payer, sans avoir anticipé. D'autres qui confondent chiffre d'affaires et revenu net. Et la majorité qui ne sait pas que les taux changent selon leur activité.
Cet article pose les bases : tous les taux 2026, tous les calculs, activité par activité, pour que vous sachiez exactement ce qui sort de votre poche chaque mois.
En micro-entreprise, vos cotisations sociales sont calculées sur votre chiffre d'affaires, pas sur votre bénéfice. C'est la règle fondamentale à retenir. Pas de CA, pas de cotisations. Beaucoup de CA, beaucoup de cotisations, même si vos charges réelles sont élevées.
| Activité | Taux URSSAF 2026 | Exemple sur 3 000 €/mois |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % | 369 € |
| Prestations de services BIC | 21,2 % | 636 € |
| Prestations de services BNC | 21,1 % | 633 € |
| Professions libérales (CIPAV) | 21,2 % | 636 € |
Ces cotisations couvrent votre protection sociale : assurance maladie, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales et CSG-CRDS.
Point important : ces cotisations ne vous ouvrent pas droit au chômage. Si votre activité s'arrête, vous n'avez aucun filet. C'est une réalité que j'aborde systématiquement en coaching, parce qu'elle conditionne le montant d'épargne de précaution que vous devriez constituer en priorité.
En plus des cotisations URSSAF, vous payez une contribution formation :
Sur 3 000 € de CA mensuel, cela représente entre 3 et 9 euros. C'est peu, mais ça s'ajoute au total.
Après les cotisations sociales, il reste l'impôt sur le revenu. Et là, vous avez le choix entre deux régimes.
Votre chiffre d'affaires est déclaré sur votre déclaration de revenus. Le fisc applique un abattement forfaitaire selon votre activité :
Concrètement, si vous facturez 36 000 € par an en BNC, le fisc considère que votre revenu imposable est de 23 760 € (36 000 € - 34 %). Ce montant est ensuite soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, selon votre tranche marginale d'imposition.
J'ai accompagné une graphiste freelance qui facturait 42 000 € par an en BNC. Elle pensait que ses "charges" étaient de 21,1 %. En réalité, entre URSSAF (8 862 €), impôt sur le revenu (environ 2 800 € avec sa TMI à 30 %) et CFE (environ 500 €), elle payait 29 % de son CA total. Elle ne le savait pas avant notre première session.
Si votre revenu fiscal de référence ne dépasse pas 27 478 € par part en 2024 (pour une application en 2026), vous pouvez opter pour le versement libératoire. Vous payez alors un pourcentage fixe en même temps que vos cotisations URSSAF :
L'avantage : vous payez au fil de l'eau, c'est simple, et c'est souvent moins cher si votre TMI est supérieure à 11 %. L'inconvénient : si vous êtes non imposable, vous payez de l'impôt pour rien.
Mon conseil : calculez les deux scénarios avant de choisir. En coaching, je modélise systématiquement les deux options avec les vrais chiffres de mes clients. Dans 60 % des cas, le versement libératoire est plus avantageux. Mais pas toujours.
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est la charge fantôme des micro-entrepreneurs. Elle n'apparaît pas sur vos déclarations URSSAF. Elle arrive une fois par an, en décembre, et son montant dépend de votre commune et de votre chiffre d'affaires.
En 2026, la base minimum de CFE varie de 237 € à 7 349 € selon les communes et votre tranche de CA. Pour la majorité des micro-entrepreneurs avec un CA entre 10 000 et 50 000 €, comptez entre 200 et 800 € par an.
Bonne nouvelle : vous êtes exonéré de CFE la première année civile d'activité. Mauvaise nouvelle : beaucoup de micro-entrepreneurs découvrent cette taxe la deuxième année et ne l'ont pas provisionnée.
En micro-entreprise, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA tant que vous restez sous les seuils :
Si vous dépassez ces seuils, vous devez facturer la TVA à vos clients et la reverser au fisc. L'article 170 sur les charges en micro-entreprise détaille l'impact concret de la TVA sur une facture de 10 000 €.
Pour vos clients particuliers, la TVA est un vrai coût. Pour vos clients professionnels, elle est neutre (ils la récupèrent). Selon votre clientèle, le franchissement du seuil peut être indolore ou vous faire perdre en compétitivité.
Voici le calcul complet pour un CA de 36 000 € par an (3 000 €/mois), sans versement libératoire, TMI à 11 %.
| Poste | Montant annuel | % du CA |
|---|---|---|
| Cotisations URSSAF (21,1 %) | 7 596 € | 21,1 % |
| Formation professionnelle (0,2 %) | 72 € | 0,2 % |
| Impôt sur le revenu (abattement 34 %, TMI 11 %) | 2 614 € | 7,3 % |
| CFE (estimation moyenne) | 500 € | 1,4 % |
| Total charges | 10 782 € | 30 % |
| Revenu net | 25 218 € | 70 % |
Soit environ 2 102 € net par mois. Sur 3 000 € facturés, il vous reste 70 %.
| Poste | Montant annuel | % du CA |
|---|---|---|
| Cotisations URSSAF (21,2 %) | 7 632 € | 21,2 % |
| Formation professionnelle (0,3 %) | 108 € | 0,3 % |
| Impôt sur le revenu (abattement 50 %, TMI 11 %) | 1 980 € | 5,5 % |
| CFE (estimation moyenne) | 500 € | 1,4 % |
| Total charges | 10 220 € | 28,4 % |
| Revenu net | 25 780 € | 71,6 % |
| Poste | Montant annuel | % du CA |
|---|---|---|
| Cotisations URSSAF (12,3 %) | 4 428 € | 12,3 % |
| Formation professionnelle (0,1 %) | 36 € | 0,1 % |
| Impôt sur le revenu (abattement 71 %, TMI 11 %) | 1 148 € | 3,2 % |
| CFE (estimation moyenne) | 500 € | 1,4 % |
| Total charges | 6 112 € | 17 % |
| Revenu net | 29 888 € | 83 % |
Attention : en vente de marchandises, vos achats de stock ne sont pas déduits de votre CA. Les 83 % restants doivent encore couvrir vos achats de marchandises. C'est pourquoi le taux de cotisation est plus bas.
Pour le même consultant BNC à 36 000 €/an, le versement libératoire change le calcul :
| Poste | Sans VL | Avec VL |
|---|---|---|
| URSSAF | 7 596 € | 7 596 € |
| Impôt | 2 614 € | 792 € (2,2 %) |
| Formation | 72 € | 72 € |
| CFE | 500 € | 500 € |
| Total | 10 782 € | 8 960 € |
| Économie | 1 822 €/an |
Résultat : 1 822 € d'économie par an avec le versement libératoire pour ce profil. C'est exactement le type de simulation que je fais en coaching entrepreneur.
Votre chiffre d'affaires n'est pas votre salaire. C'est la première chose que je pose en coaching. Quand quelqu'un me dit "je gagne 4 000 € par mois", je demande toujours : "avant ou après charges ?" Dans 90 % des cas, c'est avant.
Chaque décembre, je reçois des messages paniqués. "J'ai reçu un avis de 600 € que je n'avais pas prévu." La solution est simple : mettez de côté chaque mois un douzième de votre CFE estimée. J'intègre systématiquement ce poste dans le budget entrepreneur de mes clients.
Le versement libératoire n'est pas toujours optimal. Si vous vivez en couple avec un conjoint à revenus faibles, le régime classique peut être plus avantageux grâce aux parts fiscales. Inversement, un célibataire à TMI 30 % a tout intérêt à opter pour le VL. C'est du cas par cas.
La micro-entreprise ne permet pas de déduire vos frais réels. Mais il existe des leviers pour optimiser votre situation globale :
Choisir le bon régime d'imposition. Versement libératoire ou régime classique : le bon choix peut vous faire économiser plus de 1 500 € par an, comme on l'a vu dans les simulations ci-dessus.
Anticiper le changement de statut. Quand vos frais réels dépassent l'abattement forfaitaire, la micro-entreprise n'est plus le meilleur choix. Un passage en EURL ou en SASU peut devenir plus intéressant. J'ai accompagné un développeur freelance dont les charges réelles (coworking, matériel, logiciels, déplacements) représentaient 45 % de son CA. En BNC, l'abattement n'est que de 34 %. Le passage en réel lui a permis de récupérer l'écart, soit environ 3 500 € par an.
Optimiser votre protection sociale. Vos cotisations micro ne vous ouvrent droit qu'à une retraite minimale. Envisagez un PER (Plan d'Épargne Retraite) pour compléter, avec l'avantage fiscal à la clé.
Structurer votre budget pro et perso. C'est le point que votre comptable ne voit pas. Combien vous verser chaque mois, combien épargner, combien provisionner pour les impôts. Un coaching budgétaire pose ces bases en une session de 1h30.
Si vous êtes en SASU ou EURL, les leviers d'optimisation de rémunération sont encore plus nombreux (salaire vs dividendes, timing des charges, arbitrage IS/IR).
Entre 25 et 35 % du chiffre d'affaires selon votre activité et votre tranche d'imposition. Les cotisations URSSAF seules représentent 12,3 % (vente) à 21,2 % (services). L'impôt sur le revenu et la CFE s'ajoutent ensuite.
Partez de votre CA mensuel. Retirez les cotisations URSSAF (taux selon activité), puis l'impôt sur le revenu (appliquez l'abattement forfaitaire puis votre TMI), puis un douzième de votre CFE annuelle. Le reste est votre revenu net disponible.
Non. Il est avantageux si votre tranche marginale d'imposition est supérieure à 11 %. Si vous êtes non imposable ou à TMI 0 %, vous payez de l'impôt inutilement. Vérifiez votre situation avant de cocher cette option.
Quand vos frais professionnels réels dépassent l'abattement forfaitaire (34 % en BNC, 50 % en BIC), quand vous approchez régulièrement des plafonds de CA, ou quand vous souhaitez optimiser votre rémunération via un mix salaire/dividendes en SASU. Un coaching entrepreneur vous aide à modéliser le bon moment.
Oui, sauf la première année civile d'activité (exonération automatique) et sous certaines conditions d'exonération permanente (CA inférieur à 5 000 €). À partir de la deuxième année, c'est un poste à provisionner systématiquement.
Calculer ses charges en micro-entrepreneur n'est pas compliqué, mais personne ne vous pose le calcul complet noir sur blanc. Entre les cotisations URSSAF, l'impôt sur le revenu, la CFE et la formation professionnelle, vous savez maintenant exactement ce qui sort de votre CA chaque mois.
Le vrai sujet, ce n'est pas le calcul. C'est ce que vous faites avec ce qui reste. Combien vous verser, combien épargner, combien provisionner, comment anticiper le passage à un statut plus adapté quand le moment viendra. C'est exactement ce qu'on travaille ensemble en coaching.
Réservez votre diagnostic offert de 15 minutes pour faire le point sur votre situation. Je vous dis honnêtement si je peux vous aider, et comment.
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