Vous avez créé votre SASU. Le chiffre d'affaires rentre. Et maintenant, la question que tout le monde se pose : combien puis-je me verser chaque mois ?
C'est probablement la question que j'entends le plus souvent en coaching. Et la réponse n'est jamais la même d'un entrepreneur à l'autre, parce qu'elle dépend de votre CA, de vos charges, de votre tranche d'imposition et de vos projets personnels.
Dans ma pratique, je vois deux erreurs récurrentes. La première : se verser trop peu par peur de "vider la tréso". J'ai accompagné un gérant de SASU dans le conseil tech qui se versait 2 000 € par mois depuis trois ans — avec 60 000 € dormant sur le compte pro. Il aurait pu se verser 3 200 € sans aucun impact sur sa trésorerie. La deuxième erreur : se verser tout en salaire, sans jamais considérer les dividendes.
Ce guide vous donne les clés pour trouver le bon équilibre.
En SASU, vous avez deux manières de vous rémunérer :
La grande différence avec une EURL ou une micro-entreprise, c'est que vous pouvez combiner les deux. Et c'est précisément ce dosage qui détermine combien il vous reste réellement dans la poche.
Votre comptable calcule vos charges sociales et prépare votre bilan. C'est son métier. Mais il ne vous dit généralement pas : "avec votre TMI à 30 %, vous auriez intérêt à basculer une partie de votre rémunération en dividendes". Parce que ce n'est pas son rôle — c'est le mien.
En tant que président de SASU, vous êtes assimilé-salarié. Concrètement, cela signifie que vos cotisations sociales représentent environ 80 % du salaire net que vous vous versez.
Pour un salaire net de 2 500 €/mois versé au président :
| Poste | Montant mensuel |
|---|---|
| Salaire net | 2 500 € |
| Cotisations salariales (~25 %) | 830 € |
| Cotisations patronales (~45 %) | 1 500 € |
| Coût total pour la société | 4 830 € |
Autrement dit, pour vous verser 2 500 € net, votre SASU dépense 4 830 €. C'est un ratio important à connaître.
Le salaire est déductible du résultat imposable de la société. Plus vous vous versez de salaire, moins votre SASU paie d'IS. C'est un levier d'optimisation que beaucoup d'entrepreneurs négligent.
Et vous bénéficiez de la couverture sociale complète : retraite de base et complémentaire, indemnités journalières, prévoyance. Ce n'est pas rien quand on a une famille.
Les dividendes sont distribués à partir du bénéfice net après IS. Ils ne sont pas soumis aux cotisations sociales en SASU (contrairement à l'EURL), ce qui en fait un levier puissant.
Vous avez le choix entre :
Votre SASU dégage un bénéfice de 50 000 € avant IS :
| Étape | Montant |
|---|---|
| Bénéfice avant IS | 50 000 € |
| IS 15 % (jusqu'à 42 500 €) | 6 375 € |
| IS 25 % (au-delà) | 1 875 € |
| Bénéfice après IS | 41 750 € |
| Flat tax 30 % sur dividendes | 12 525 € |
| Net touché en dividendes | 29 225 € |
Soit environ 2 435 € net/mois si vous distribuez la totalité. Sans aucune cotisation sociale.
Prenons un cas concret : votre SASU dégage 8 000 € de résultat mensuel après charges (hors rémunération du dirigeant). Comment optimiser ?
| Mensuel | Annuel | |
|---|---|---|
| Salaire net | 4 400 € | 52 800 € |
| Coût total société | 8 000 € | 96 000 € |
| IR estimé (TMI 30 %) | ~700 € | ~8 400 € |
| Net après IR | ~3 700 € | ~44 400 € |
| Mensuel | Annuel | |
|---|---|---|
| Salaire net | 2 500 € | 30 000 € |
| Coût salaire société | 4 830 € | 57 960 € |
| Résultat restant | 3 170 € | 38 040 € |
| IS (~17 % effectif) | ~540 € | ~6 470 € |
| Dividendes bruts | 2 630 € | 31 570 € |
| Flat tax 30 % | ~790 € | ~9 470 € |
| Net total (salaire + dividendes) | ~4 040 € | ~48 500 € |
Résultat : le scénario B vous fait gagner environ 340 € net/mois — soit plus de 4 000 € par an — pour le même résultat d'exploitation.
C'est exactement ce type de calcul que je fais avec mes clients en coaching entrepreneur. Le bon dosage dépend de votre situation personnelle, mais le principe est toujours le même : chaque euro a un chemin optimal.
Le calcul dépend de quatre variables :
C'est la variable clé. Si votre TMI est à 11 %, le salaire est souvent plus avantageux (moins d'IR, plus de droits sociaux). Si votre TMI est à 30 % ou plus, les dividendes deviennent intéressants.
Le salaire vous ouvre des droits à la retraite et aux indemnités journalières. Si vous vous versez uniquement des dividendes, vous n'avez aucune couverture. En pratique, je recommande toujours un minimum de salaire pour assurer la protection de base.
Les dividendes ne peuvent être versés qu'une fois le bénéfice constaté — généralement en fin d'exercice. Le salaire, lui, est versé mensuellement. Si vous avez besoin de revenus réguliers, le salaire est indispensable.
Achat immobilier ? Les banques regardent vos bulletins de salaire, pas vos dividendes. Préparation retraite ? Le PER est déductible de votre revenu imposable. Chaque projet change l'équation.
Dans ma pratique, le calcul prend environ 30 minutes avec les bons chiffres. C'est souvent la partie la plus impactante du coaching budgétaire entrepreneur — parce que les gains sont immédiats et récurrents.
J'ai vu des dirigeants avec 80 000 € sur le compte pro et 200 € sur le compte perso. La trésorerie de la boîte n'est pas votre épargne de précaution. Si elle dort sur un compte courant, elle ne rapporte rien et vous prive de revenus personnels.
Zéro salaire = zéro cotisation retraite, zéro indemnité maladie, zéro droit au chômage. Et les banques vous refuseront un crédit immobilier. Le "tout dividendes" est rarement la bonne stratégie.
L'IS se paie sur le bénéfice, pas sur le CA. Si vous vous versez un gros salaire en fin d'année pour réduire le résultat, les cotisations sociales vont exploser. Mieux vaut lisser la rémunération sur 12 mois.
Les dividendes versés en janvier ou en décembre n'ont pas le même impact fiscal. Le timing de distribution peut faire gagner ou perdre plusieurs centaines d'euros.
Votre voisin se verse 5 000 € en dividendes ? Tant mieux pour lui. Mais si sa TMI est à 11 % et la vôtre à 30 %, la même stratégie vous coûte plus cher. La rémunération optimale est toujours personnalisée.
Oui, c'est légal. Mais ce n'est pas recommandé : vous n'accumulez aucun droit à la retraite, aucune couverture maladie, et les banques refuseront de vous prêter. En pratique, un salaire minimum permet de maintenir vos droits sociaux tout en optimisant via les dividendes.
Il n'y a pas de minimum légal. Mais pour valider 4 trimestres de retraite par an, il faut percevoir au moins 6 990 € brut annuels en 2026 (soit environ 580 €/mois brut). C'est un seuil que je recommande systématiquement à mes clients.
Les deux. La vraie question n'est pas "l'un ou l'autre" mais "dans quelle proportion". Le bon mix dépend de votre TMI, de vos besoins de couverture sociale et de vos projets personnels. Un accompagnement financier entrepreneur permet de calculer le dosage exact en une session.
Non. C'est l'un des avantages majeurs de la SASU par rapport à l'EURL, où les dividendes au-delà de 10 % du capital sont soumis aux cotisations TNS (~45 %). En SASU, les dividendes ne supportent que la flat tax à 30 % (ou le barème progressif si vous optez pour).
Le passage se fait par création d'une nouvelle société (la SASU) et cessation de l'auto-entreprise. C'est pertinent quand votre CA dépasse les plafonds micro, quand vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire, ou quand vous souhaitez optimiser via le mix salaire/dividendes. Le seuil de rentabilité se situe généralement autour de 60 000 à 80 000 € de CA annuel, mais chaque situation est différente.
La rémunération en SASU n'est pas une formule unique — c'est un équilibre à trouver entre salaire, dividendes, couverture sociale et fiscalité. Et cet équilibre change à mesure que votre activité évolue.
Ce que je constate en coaching : la plupart des dirigeants de SASU laissent entre 300 et 800 € net par mois sur la table, simplement parce que personne ne leur a posé la question du dosage optimal. C'est de l'argent qui pourrait financer une épargne, un projet immobilier ou la sécurité de leur famille.
Si vous voulez savoir combien vous pourriez réellement vous verser, vous pouvez estimer votre rémunération optimale en 3 minutes avec notre outil gratuit. Et si vous souhaitez un calcul exact basé sur vos vrais chiffres, réservez un échange offert de 15 minutes — on fait le point ensemble, sans engagement.
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