Et si la flat tax, symbole de simplicité pour les revenus du capital depuis 2018, redevenait un casse-tête fiscal ? Le gouvernement envisage de revoir à la hausse ce régime emblématique, relançant les arbitrages complexes entre imposition forfaitaire et barème progressif. Derrière cette réforme apparemment technique, se joue en réalité une reconfiguration profonde des stratégies patrimoniales des investisseurs.
Depuis son instauration en 2018, la flat tax – aussi appelée prélèvement forfaitaire unique (PFU) – a été saluée pour sa clarté : 30 % sur les revenus du capital, tout compris, dont 12,8 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux. Une formule simple, automatique, qui a mis fin à de longues comparaisons fastidieuses entre barème progressif et abattements.
Mais voilà que cette « tranquillité fiscale » pourrait voler en éclats.
Pour renflouer les caisses de l’État dès 2026, Matignon.) pousse désormais pour une augmentation du taux de la flat tax de 3 à 6 points. Ce serait donc un prélèvement global à 33 %, voire 36 %, une hausse qui viserait principalement la part fiscale (les fameux 12,8 %). L’Élysée, de son côté, freine encore, redoutant un revirement politique majeur, tant la flat tax avait marqué le premier quinquennat Macron.
Derrière cette modification en apparence marginale, c’est toute la mécanique de l’investissement qui s’en trouve bouleversée. Avec une flat tax à 33 % ou 36 %, les contribuables les plus aisés pourraient de nouveau s’interroger sur l’opportunité de passer au barème progressif, notamment s’ils détiennent des titres acquis avant 2018.
Prenons un exemple concret : un investisseur ayant réalisé une plus-value de 100 000 € sur des titres anciens. Grâce aux abattements pour durée de détention, il peut bénéficier d’un abattement renforcé de 85 %, ce qui ramène l’assiette imposable à 15 000 €. S’il est imposé à 45 %, cela représente un impôt effectif de 6 750 €, soit 6,75 % de la plus-value. Bien moins que les 12,8 % de la flat tax actuelle, et encore plus avantageux si celle-ci grimpe à 33 % !
Le retour des arbitrages est donc imminent : les investisseurs devront sortir la calculette pour trancher entre imposition forfaitaire et barème, en fonction de leur situation personnelle, de l’origine de leurs titres, et de leur taux marginal d’imposition.
Autre complexité : le timing. En France, les lois de finances peuvent être rétroactives sur l’année en cours. Ce qui signifie que si la réforme est votée dans la loi de finances 2026, elle s’appliquera sur les revenus générés en 2025.
Conséquence directe : les investisseurs les plus fortunés envisagent déjà d’anticiper leurs distributions de dividendes ou leurs cessions de titres avant la fin de l’année 2025. Mais cette stratégie n’est pas sans risque.
Un contribuable célibataire percevant plus de 250 000 € ou un couple au-delà de 500 000 € devra s’acquitter de la contribution sur les hauts revenus (CDHR). Et attention : cette contribution fait l’objet d’un acompte à régler mi-décembre, avec une pénalité de 20 % en cas de sous-estimation. Ce dilemme fiscal devient alors un véritable casse-tête pour les dirigeants d’entreprise, les investisseurs et même les gestionnaires de patrimoine.
À l’inverse, les petits actionnaires, souvent dépendants du calendrier de distribution de leurs sociétés cotées, n’ont pas de marge de manœuvre. Ils devront, bon gré mal gré, subir les conséquences de la réforme, sans possibilité d’optimisation.
Voici l’un des paradoxes les plus frappants de cette réforme : les non-résidents fiscaux français seraient, eux, relativement épargnés.
Grâce aux conventions fiscales internationales, l’imposition des dividendes versés à des investisseurs étrangers est souvent plafonnée à 15 %. Ce plafond agit comme un bouclier fiscal automatique : un Britannique ou un Luxembourgeois pourrait ainsi continuer à percevoir des dividendes français à un taux bien plus avantageux que celui réservé aux résidents.
Mieux encore : pour les plus avertis, quelques formulaires à remplir suffiront pour échapper à une fiscalité devenue plus lourde côté français, renforçant une fois encore l’idée que la complexité fiscale pèse plus sur les épargnants de bonne foi que sur les investisseurs internationaux bien conseillés.
Dans ce climat d’incertitude, les chefs d’entreprise conservent une certaine latitude. En jouant sur l’arbitrage entre rémunération en salaires ou en dividendes, ils peuvent adapter leur stratégie selon l’évolution du texte final.
Un dirigeant pourra par exemple augmenter sa rémunération fixe pour éviter une taxation accrue sur ses dividendes, ou au contraire lisser ses versements sur plusieurs années. Une agilité inaccessible à de nombreux investisseurs particuliers, qui confirme un déséquilibre structurel : dans la fiscalité du capital, tous les contribuables ne jouent pas avec les mêmes cartes.
La flat tax avait été pensée comme un levier de simplification et de lisibilité. Si sa hausse est confirmée, elle marquerait non seulement un tournant politique, mais aussi le retour d’un système fiscal à géométrie variable, où chaque investisseur doit redevenir son propre fiscaliste.
Ce retour de la complexité pose une question plus large : à qui profite la fiscalité du capital en France ? Et comment permettre à tous les épargnants – pas seulement les plus fortunés ou les mieux entourés – de faire des choix éclairés et adaptés ?
Que vous soyez investisseur particulier, chef d’entreprise ou simple épargnant, l’heure est à la vigilance. Si la hausse de la flat tax se concrétise, il sera crucial de :
Revoir sa stratégie d’investissement : mieux vaut anticiper que subir.
Se faire accompagner par un professionnel comme moi peut être la solution.
Étudier l’option du barème progressif, notamment si vous détenez des titres depuis plusieurs années.
Ne pas paniquer : tous les scénarios ne sont pas encore arrêtés.
Au fond, cette réforme pose une nouvelle fois la nécessité de rendre la fiscalité plus lisible, plus équitable, et réellement au service de la liberté financière des citoyens.
La flat tax (ou prélèvement forfaitaire unique) est un taux d'imposition de 30 % appliqué aux revenus du capital : dividendes, intérêts, plus-values. Ce taux inclut 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.
Si votre taux marginal d'imposition est inférieur à 30 %, le barème progressif peut être plus avantageux. C'est notamment le cas si vous détenez des titres acquis avant 2018, car les abattements pour durée de détention s'appliquent uniquement au barème.
Le gouvernement envisage une hausse de 3 à 6 points, portant le taux global à 33 % ou 36 %. Rien n'est encore voté définitivement, mais il est prudent d'anticiper en faisant le point sur votre stratégie patrimoniale avec un professionnel.
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