Des revenus confortables, une capacité d'épargne solide, un projet immobilier à moyen terme… et pourtant, l'impression de ne pas tirer le meilleur parti de son argent. C'est la situation que vivent beaucoup de couples que j'accompagne.
Dans cet article, je vous propose de suivre le cas d'Alexandre et Sophie, un couple de quarantenaires parisiens, pour illustrer les leviers concrets que vous pouvez actionner pour optimiser votre patrimoine. Leur histoire ressemble peut-être à la vôtre.
Alexandre, 41 ans, est ingénieur logiciel dans une banque. Après une reconversion professionnelle de trois ans, il a démarré son CDI en septembre dernier. Sophie, 39 ans, est médecin libérale installée à son compte. Ils vivent à Paris dans un appartement de 70 m² acheté en 2024, avec leur fille de deux ans. Un deuxième enfant est attendu cet été.
Leur projet à moyen terme : quitter Paris pour une ville plus agréable, avec un jardin et plus d'espace. Horizon : 3 à 6 ans. Nantes, où l'entreprise d'Alexandre a ouvert un site, figure parmi les options sérieuses.
Comment transformer cette situation déjà favorable en une stratégie patrimoniale optimisée ? Voici les quatre axes que je leur recommanderais.
C'est la première action à mener. Alexandre a placé 53 000 € sur un livret non réglementé (type Livret+ de banque en ligne). Le problème : ces livrets offrent un rendement faible, et leurs intérêts sont soumis à la flat tax de 30 %, ce qui ramène la rémunération nette à environ 1 % en 2026. C'est insuffisant.
Pourquoi l'assurance-vie ? Depuis deux ans, le fonds en euros retrouve tout son intérêt avec un rendement moyen dépassant 2,60 %, bien au-dessus des 1,50 % du Livret A. Et surtout, après 8 ans de détention, la fiscalité sur les gains devient très avantageuse (abattement de 4 600 € pour un célibataire, 9 200 € pour un couple).
Alexandre peut effectuer des versements sur son contrat Linxea Spirit 2 existant (ouvert en 2022), ce qui lui permettrait de bénéficier de la fiscalité allégée après 8 ans si le projet immobilier se concrétise dans 4 ans. Autre option : ouvrir un nouveau contrat dédié à l'achat immobilier pour profiter des bonus sur encours proposés par certains assureurs, avec un objectif de rendement pouvant atteindre 4 à 5 % avec une faible part d'unités de compte.
Pour en savoir plus sur les stratégies d'épargne, consultez mon article sur comment constituer une épargne de précaution.
Alexandre dispose de 17 500 € sur ses PEE et Perco. Bonne nouvelle : l'épargne salariale peut être débloquée de manière anticipée pour l'achat de la résidence principale. Et le traitement fiscal est avantageux : les gains ne sont soumis qu'aux prélèvements sociaux de 17,2 %, sans impôt sur le revenu.
Ne pas toucher au PER pour financer l'achat immobilier. En cas de déblocage anticipé du PER pour acquisition de la résidence principale, le capital est réintégré dans le calcul de l'impôt sur le revenu. Pour un couple avec des revenus confortables, la facture fiscale peut être lourde.
Le PER de Sophie, investi à 77 % en actions via des ETF, doit être conservé pour préparer la retraite. Elle a tout intérêt à poursuivre ses versements programmés, qui bénéficient de la déduction fiscale à l'entrée.
En tant que médecin libérale, Sophie accumule de la trésorerie avec peu de charges. C'est une situation que je rencontre souvent chez mes clients entrepreneurs et indépendants : l'argent dort sur un compte professionnel au lieu de travailler.
1. Trésorerie de fonctionnement : ouvrir un compte à terme professionnel pour les dépenses courantes. Les taux ont baissé récemment, mais cela permet de placer une somme sur une période définie (1 à 60 mois) avec une petite rémunération. L'argent reste disponible, mais un retrait anticipé annule les intérêts.
2. Excédent vers l'épargne personnelle : en exerçant en nom propre (BNC), Sophie peut utiliser l'excédent de liquidités une fois l'impôt payé pour alimenter ses placements personnels : assurance-vie, et PER dans la limite des plafonds de déduction fiscale.
C'est un levier puissant : au lieu de laisser dormir 20 000 ou 30 000 € sur un compte courant professionnel, Sophie peut alimenter son assurance-vie dédiée au projet immobilier et accélérer la constitution de l'apport.
Le couple possède un appartement parisien de 540 000 €, financé par un crédit de 321 000 € sur 25 ans. Avec le rachat de crédit à 2,39 % (contre 3,50 % initialement), ils réduisent déjà leur charge mensuelle. Mais que faire de ce bien quand ils déménageront ?
Dans la plupart des cas que j'accompagne, je recommande de vendre la résidence principale plutôt que de la mettre en location, pour trois raisons :
Le produit de la vente (net d'impôt) peut servir d'apport massif pour le nouvel achat, et le surplus peut financer un investissement locatif dans une ville à forte rentabilité.
Si le couple s'installe en région nantaise :
Investir près de son lieu de résidence facilite la gestion du bien. Et cela permet de diversifier son patrimoine en ajoutant de l'immobilier locatif aux placements financiers.
| Action | Horizon | Impact |
|---|---|---|
| Fermer le livret fiscalisé → fonds en euros assurance-vie | Immédiat | +1,5 % de rendement net |
| Conserver 10-12 000 € en livrets réglementés | Immédiat | Sécurité |
| Poursuivre les versements PER de Sophie | Mensuel | Déduction fiscale + retraite |
| Flécher l'excédent de trésorerie pro vers l'assurance-vie | Trimestriel | Apport immobilier |
| Mobiliser l'épargne salariale lors de l'achat | Jour J | 17 500 € à fiscalité réduite |
| Vendre la RP plutôt que louer | Déménagement | Plus-value exonérée |
| Investir en locatif près du nouveau domicile | Post-achat | Diversification + revenus |
C'est rarement la meilleure option. Le capital débloqué est réintégré dans votre revenu imposable, ce qui peut vous faire changer de tranche d'imposition. Privilégiez l'épargne salariale (PEE, Perco), dont les gains ne sont soumis qu'aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Le PER est plus efficace quand il est conservé jusqu'à la retraite.
Calculez la rentabilité locative nette de votre bien et comparez-la avec ce que vous pourriez obtenir en réinvestissant le produit de la vente. À Paris, avec l'encadrement des loyers, la rentabilité est souvent inférieure à 3 %. Vendre permet en plus de bénéficier de l'exonération de plus-value sur la résidence principale, un avantage fiscal considérable.
Séparez votre trésorerie en deux : une partie sur un compte à terme professionnel pour les besoins courants, et l'excédent (une fois l'impôt provisionné) vers vos placements personnels — assurance-vie ou PER dans la limite des plafonds. En exerçant en nom propre, vous pouvez librement alimenter vos enveloppes personnelles avec le surplus de votre activité.
L'histoire d'Alexandre et Sophie illustre un point que je répète souvent à mes clients : avoir de bons revenus ne suffit pas, encore faut-il que votre argent soit bien placé. Quelques ajustements simples — fermer un livret fiscalisé, flécher la trésorerie professionnelle, anticiper la stratégie immobilière — peuvent faire gagner plusieurs milliers d'euros sur quelques années.
Chaque situation est unique. Si vous vous reconnaissez dans ce profil ou si vous souhaitez faire le point sur votre propre stratégie patrimoniale, je vous propose un diagnostic gratuit de 30 minutes pour identifier vos leviers d'optimisation.
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