L'inflation pèse sur le budget des ménages français. Personne ne peut le nier. Et le phénomène, même s'il s'est atténué depuis le pic de 2022-2023, continue de marquer les habitudes financières des Français.
C'est un Français sur deux qui s'attend à être davantage à découvert dans les mois à venir. Et les chiffres le confirment : la Banque de France observe une augmentation régulière des incidents de remboursement de prêt et des situations de découvert bancaire ces dernières années.
Dans ma pratique, j'ai vu les effets de l'inflation au quotidien chez mes clients. Pas dans les grandes théories économiques, mais dans les relevés bancaires. Une cliente, Corrine, salariée dans le privé, m'a contacté parce qu'elle ne comprenait pas pourquoi elle finissait chaque mois dans le rouge alors que son salaire n'avait pas bougé. En épluchant ses dépenses sur 12 mois, on a constaté que son poste alimentation avait augmenté de 18 % en un an, son énergie de 25 %, et ses assurances de 8 %. Au total, 121 euros par mois de dépenses supplémentaires, sans avoir changé ses habitudes. En identifiant ces hausses et en renégociant certains contrats, on a récupéré l'intégralité de cette somme.
En France, un indicateur intéressant à suivre, c'est l'utilisation du découvert. Dans beaucoup de pays d'Europe, les découverts ne sont pas autorisés par les banques, alors qu'en France c'est un usage commun. Les banques qui opèrent sur le territoire français autorisent très facilement le découvert. Et avec l'inflation persistante de ces dernières années, les Français utilisent beaucoup cette facilité.
D'après la Banque de France, pour les plus de 18 ans, c'est 87 % des Français qui ont une autorisation de découvert. C'est un chiffre important, et derrière cette donnée, on sait que les personnes sans emploi ne sont que 68 % à en posséder.
Les Français qui ont accès au découvert se posent la question de son utilisation pour faire face à l'inflation. Car le plus souvent, ils ne l'utilisent pas : seulement 37 % des Français qui possèdent un compte en banque utilisent le découvert. Donc un tiers des Français ont vu leur compte passer au moins une fois dans le rouge.
Cependant, pour ceux qui sont dans le rouge, c'est quand même récurrent. Seulement 31 % sont moins de 3 fois dans l'année à découvert. Et 8 % des Français seraient tous les mois dans le rouge, ce n'est pas rien. C'est une réalité que je constate régulièrement en coaching budgétaire : le découvert devient une habitude, pas une exception.
Quand on parle avec les Français, oui l'inflation fait peur. Car derrière ce terme, c'est surtout la perte de pouvoir d'achat qui inquiète. La question revient sans cesse : pourrai-je finir mon mois sans avoir recours au crédit ou au découvert ?
Le découvert moyen en France est de 200 euros, un montant significatif quand on sait que le salaire médian est d'environ 1 800 euros.
Avec la hausse des prix, beaucoup de ménages se sont retrouvés avec des découverts. Imaginez que 33 % des personnes qui sont parfois à découvert dépassent le montant alloué par leur banque.
C'est-à-dire qu'ils ont des incidents de paiement, mais aussi des frais importants. On entre dans une spirale infernale et il faut vite en sortir. Car oui, le découvert, ça peut arriver à tout le monde et son coût est plutôt faible. Mais le dépassement, c'est autre chose, on parle vite de centaines d'euros par an en frais bancaires.
La Banque de France a d'ailleurs signalé une hausse de 11 % des dossiers de surendettement déposés par rapport à l'année précédente, et le médiateur de l'assurance a constaté une augmentation de 80 % du nombre de dossiers traités. Ces chiffres montrent que les difficultés ne sont pas un cas isolé.
J'ai accompagné une famille, Sabrina et Alexandre, qui étaient dans cette spirale. Chaque mois dans le rouge, des frais de dépassement qui s'accumulaient, et le sentiment de ne jamais s'en sortir. Quand on a posé les chiffres, leurs frais bancaires liés au découvert représentaient 480 euros par an. En 3 mois d'accompagnement, on a restructuré leur budget, supprimé les dépenses invisibles, et ils sont passés du rouge au vert avec 8 % d'épargne mensuelle. Ce n'était pas une question de revenus, c'était une question de méthode budgétaire.
L'inflation ne touche pas tous les postes de la même manière. Voici ce que j'observe chez mes clients depuis 2022 :
L'alimentation reste le poste le plus impacté. Les prix en grande surface ont augmenté de 15 à 20 % sur deux ans. Pour une famille de quatre personnes, cela représente 80 à 150 euros de plus par mois, sans manger différemment.
L'énergie a connu des hausses spectaculaires. Électricité, gaz, carburant : certains clients ont vu leur facture doubler. Même avec le bouclier tarifaire, l'impact reste sensible pour les budgets modestes.
Les assurances augmentent discrètement chaque année, souvent de 5 à 10 %. Comme ces prélèvements sont automatiques, beaucoup ne s'en aperçoivent pas. C'est un poste où la renégociation génère les économies les plus rapides.
Les loyers suivent l'indice de référence des loyers (IRL), lui-même lié à l'inflation. Si vous êtes locataire, votre loyer a probablement augmenté ces dernières années.
Les crédits à taux variable ont vu leurs mensualités grimper avec la hausse des taux directeurs de la BCE. Si vous avez un prêt immobilier à taux variable, c'est le moment de vérifier vos conditions et d'envisager un passage à taux fixe. J'en parle dans mon article sur comment obtenir un prêt immobilier.
Le problème de fond : quand les prix montent de 5 % mais que votre salaire reste stable, c'est mathématiquement 5 % de pouvoir d'achat en moins. Sur un salaire de 2 000 euros, c'est 100 euros par mois qui disparaissent. Sur un an, 1 200 euros.
Déjà, on évite le découvert. Facile à dire, mais pas toujours facile à faire.
Je vous invite à faire votre budget tous les mois. Je vous en parle dans cet article. Car si vos salaires n'augmentent pas et que les prix augmentent, forcément, à un moment, il y a un souci. Donc on contrôle les dépenses pour faire face à l'inflation. On regarde chaque ligne et on identifie là où on peut réduire la voilure.
Votre budget, c'est comme une balance : les revenus permettent de fixer le poids à ne pas dépasser. Si vous mettez trop du côté des dépenses, c'est fichu : vous allez être à découvert et il sera impossible de vous créer une épargne pour votre avenir.
L'approche que j'utilise avec mes clients est simple : on commence par les dépenses fixes, celles qui tombent chaque mois sans qu'on y pense. Ce sont souvent les plus faciles à optimiser, parce qu'il suffit de comparer et de changer de prestataire. Pas besoin de se priver, juste de payer le juste prix.
Je ne suis pas tombé dans la finance par hasard. À 22 ans, j'ai perdu 10 000 euros en faisant confiance à un conseiller bancaire qui m'a orienté vers des placements inadaptés. Je n'avais aucune connaissance financière. Personne dans mon entourage ne parlait d'argent.
Cette expérience m'a appris une chose fondamentale : la pire menace pour votre argent, ce n'est pas l'inflation. C'est l'ignorance. L'inflation vous coûte 3 à 5 % par an sur votre épargne non placée. L'ignorance peut vous coûter des milliers d'euros en un seul mauvais choix.
Mon parcours n'est pas académique : police municipale, rippeur, informatique, espace culturel, Pôle Emploi, puis finance. Chaque métier m'a mis au contact de personnes qui subissaient l'inflation sans comprendre qu'elles pouvaient agir. Pas avec des stratégies complexes, mais avec des réflexes simples : comparer, renégocier, anticiper.
C'est pour ça qu'aujourd'hui, quand un client me dit "je n'y peux rien, tout augmente", je ne lui dis pas qu'il a tort. Je lui montre ses relevés bancaires, et on trouve ensemble les leviers. Il y en a toujours.
Voici les 5 actions que je mets en place systématiquement avec mes clients face à l'inflation :
Assurances, téléphone, énergie, mutuelle : comparez chaque année. La fidélité n'est pas récompensée par les prestataires, elle est pénalisée. Un nouveau client obtient toujours un meilleur tarif. En une après-midi de comparaison, mes clients récupèrent en moyenne 40 à 80 euros par mois. Pour l'assurance emprunteur, les économies peuvent se chiffrer en milliers d'euros sur la durée du prêt. J'en parle en détail dans mon article sur le changement d'assurance emprunteur.
Abonnements inutilisés, services en double, achats impulsifs récurrents. Faites l'inventaire de vos prélèvements automatiques. En moyenne, mes clients découvrent 60 à 90 euros par mois de dépenses qu'ils avaient oubliées. Pour une méthode structurée, le calculateur budget CamilleServices peut vous aider à visualiser ces fuites.
Même 50 euros par mois, c'est un début. Le virement automatique le jour du salaire est la meilleure protection contre les imprévus. Sans épargne de précaution, le moindre imprévu (panne de voiture, réparation, facture inattendue) vous pousse vers le découvert. Avec 3 à 6 mois de dépenses en réserve, vous absorbez les chocs sans toucher à votre budget mensuel.
Si votre argent dort sur un compte courant, l'inflation le grignote chaque année. Le Livret A, le LEP (pour les revenus modestes) et l'assurance-vie sont des outils simples pour que votre épargne suive au moins l'inflation. Pour une stratégie plus complète, explorez les possibilités de diversification.
Un regard extérieur sur votre budget peut révéler des économies insoupçonnées. Ce n'est pas une question de compétence : c'est une question de recul. Quand on vit avec son budget tous les jours, certaines dépenses deviennent invisibles. Un coach budgétaire les voit immédiatement.
La meilleure protection contre l'inflation est de maîtriser votre budget mensuel : identifiez vos dépenses fixes et variables, renégociez vos contrats régulièrement, et constituez une épargne de précaution. L'objectif est de dégager une capacité d'épargne même modeste, que vous pourrez ensuite placer sur des supports qui suivent ou dépassent l'inflation, comme le Livret A, le LEP ou l'assurance-vie en unités de compte.
Le découvert autorisé a un coût relativement modéré (entre 7 et 16 % de taux d'intérêt annuel selon les banques). En revanche, le dépassement du découvert autorisé entraîne des frais bien plus lourds : commissions d'intervention (jusqu'à 8 euros par opération), lettres d'information, et un taux d'intérêt majoré pouvant atteindre le taux d'usure. Ces frais peuvent rapidement s'accumuler et aggraver votre situation.
En période d'inflation, les placements à taux fixe peuvent ne pas suffire à préserver votre pouvoir d'achat si leur rendement est inférieur à l'inflation. Diversifier vos placements (immobilier, actions, obligations) peut vous aider à maintenir la valeur réelle de votre épargne sur le long terme. L'essentiel est d'adapter votre stratégie à votre situation personnelle et à votre horizon de placement.
Comparez vos dépenses mensuelles d'une année sur l'autre pour les mêmes postes : alimentation, énergie, carburant, assurances. Si le total augmente alors que vos habitudes n'ont pas changé, c'est l'effet direct de l'inflation sur votre budget. Faire un budget mensuel détaillé est le meilleur moyen de le mesurer concrètement. Vous pouvez utiliser le calculateur budget CamilleServices pour automatiser cette comparaison.
Plusieurs dispositifs peuvent vous aider : le chèque énergie, les aides au logement revalorisées, le bouclier tarifaire sur l'énergie ou encore les aides alimentaires. Consultez le site de la CAF et de votre mairie pour connaître les aides auxquelles vous avez droit selon votre situation.
Pas de recette magique en toute franchise. L'inflation est une réalité à laquelle il faut s'adapter en ajustant votre budget et en diversifiant votre épargne. Mais les leviers existent, et ils sont souvent plus accessibles qu'on ne le pense.
Chez CamilleServices, j'analyse votre situation financière, j'identifie les postes d'économie et je vous accompagne pour reprendre le contrôle de votre budget. Corrine a récupéré 121 euros par mois. Sabrina et Alexandre sont passés du rouge au vert en 3 mois. Ce ne sont pas des cas exceptionnels, ce sont des résultats concrets d'un accompagnement structuré.
Prenez rendez-vous pour un diagnostic offert de 15 minutes, sans engagement. On regarde vos chiffres ensemble, et vous repartez avec au moins une action concrète pour protéger votre pouvoir d'achat.
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