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Épargne enfant : comment bien placer l'argent reçu

Placer l'argent des enfants : livret A, assurance vie, PEA jeune. Les meilleures solutions pour faire fructifier l'épargne reçue à Noël, anniversaire ou don familial.

Les fêtes de fin d'année, les anniversaires, les communions : à chaque occasion, la même question revient dans les familles. Comment placer l'argent des enfants pour que cette somme ne dorme pas sur un compte courant ?

Dans ma pratique, c'est un sujet qui revient très souvent. Des parents me contactent en me disant : "Ma fille a 2 300 euros sur son compte, je ne sais pas quoi en faire." Ou bien : "Les grands-parents donnent 500 euros à chaque Noël, et ça s'accumule sans rien rapporter."

La bonne réponse dépend toujours de deux choses :

  • la vocation du cadeau : est-ce de l'argent de poche ou un vrai projet long terme ?
  • le montant reçu : 50 euros et 5 000 euros ne se gèrent pas de la même façon.

Recevoir un billet, un chèque ou un virement est devenu très courant. Mais une fois l'enveloppe ouverte, que fait-on concrètement de cette somme pour un mineur ?

Quand il s'agit simplement d'étrennes

Pour quelques dizaines ou centaines d'euros, l'objectif n'est souvent pas de préparer l'avenir, mais d'offrir une petite liberté à l'enfant.

Je me souviens d'un client, Franck, qui était un peu gêné de m'appeler pour "seulement 200 euros". Il avait reçu des étrennes pour sa fille de 8 ans et ne savait pas s'il fallait les placer ou la laisser s'acheter un jeu vidéo. Ma réponse : les deux. On a déposé 150 euros sur son Livret A et elle a pu s'offrir quelque chose avec le reste. Ce jour-là, elle a compris qu'on pouvait faire deux choses avec de l'argent : en profiter maintenant et le faire grandir pour plus tard.

Même si l'enfant ne dépense pas la somme immédiatement, il est utile de déposer l'argent à la banque, sur un support simple et accessible. Cela permet de :

  • matérialiser l'existence de cet argent,
  • responsabiliser l'enfant,
  • l'aider à comprendre comment fonctionne un premier outil financier.

Dans ce cas, on privilégie un livret accessible, sur lequel l'argent reste disponible pour un petit projet choisi avec les parents.

Quels supports pour placer l'argent des enfants sur le court terme ?

Deux solutions reviennent souvent pour placer l'argent des enfants sur le court terme.

Le Livret A

C'est le réflexe numéro un, et il est souvent le bon :

  • accessible dès la naissance,
  • une solution simple, pédagogique, parfaite pour les premières sommes,
  • taux modeste (3 % en 2026) mais argent disponible à tout moment,
  • idéal pour les étrennes ou petits cadeaux d'argent.

Dans ma pratique, je recommande systématiquement d'ouvrir un Livret A dès la naissance. Même si les sommes sont modestes au départ, c'est un outil concret pour enseigner l'épargne. Un de mes clients, Alexandre, a ouvert le Livret A de son fils le jour de sa naissance, avec 10 euros. Six ans plus tard, entre les versements réguliers et les cadeaux familiaux, le solde dépasse 4 500 euros. Son fils sait que "l'argent travaille pour lui", et c'est peut-être le meilleur cadeau qu'il ait reçu.

Le Livret Jeune

À partir de 12 ans, c'est une bonne transition :

  • souvent plus rémunérateur que le Livret A (jusqu'à 4 % dans certaines banques),
  • plafond de 1 600 euros,
  • un bon moyen d'impliquer l'adolescent dans la gestion de son argent.

Les banques proposent aussi parfois des livrets enfants, avec des taux variables. Dans tous les cas, ce sont des supports conçus pour des montants modestes, avec une trésorerie disponible immédiatement.

Apprendre à gérer l'argent dès l'enfance

Ce sujet me tient particulièrement à coeur. À 22 ans, j'ai perdu 10 000 euros sur un mauvais conseil financier. Si on m'avait appris plus tôt à comprendre ce qu'on me proposait, à poser les bonnes questions, je n'aurais jamais signé les yeux fermés.

Certaines familles souhaitent donner une valeur éducative au cadeau : apprendre à mettre de côté et suivre l'évolution de l'argent au fil des mois.

Dans ce cas, un livret bancaire reste tout à fait adapté :

  • facile à comprendre,
  • sans risque,
  • parfait pour illustrer le mécanisme des intérêts,
  • idéal pour instaurer un rituel avec l'enfant.

Un conseil concret : montrez à votre enfant le relevé du livret une fois par an. Expliquez-lui les intérêts versés. Même 12 euros d'intérêts sur un Livret A, pour un enfant de 9 ans, c'est magique. Il voit que l'argent a "poussé" tout seul.

Pour les parents, c'est l'occasion d'expliquer :

  • comment on gagne de l'argent,
  • comment on le protège,
  • comment on le fait grandir progressivement.

J'ai accompagné une famille, Sophie et Corentin, qui avaient instauré un "conseil de famille financier" trimestriel avec leurs deux enfants (10 et 13 ans). Chaque trimestre, ils regardent ensemble les livrets, expliquent les intérêts, et décident ensemble d'un petit objectif d'épargne. Résultat : leur fille aînée a financé la moitié de son voyage scolaire avec son propre argent. La fierté qu'elle en a tiré vaut bien plus que les euros.

Quand il s'agit de placer l'argent des enfants sur le long terme

Certaines sommes sont plus importantes : 1 000 euros, 3 000 euros, 5 000 euros. Dans ces cas-là, on change de logique. On ne parle plus simplement de "petites économies", mais de vrais projets d'avenir : études, permis de conduire, apport immobilier.

C'est exactement la situation de Karine, une cliente que j'ai accompagnée. Ses parents avaient donné 8 000 euros à la naissance de sa fille, "pour plus tard". L'argent dormait sur un compte courant depuis 5 ans. En 5 ans, avec l'inflation, ces 8 000 euros avaient perdu environ 800 euros de pouvoir d'achat. On a transféré le tout sur une assurance-vie en gestion pilotée. À 18 ans, avec un rendement raisonnable de 4 % par an, cette somme pourrait atteindre 14 000 euros. De quoi financer un beau départ dans la vie.

Plusieurs options existent pour placer l'argent des enfants sur le long terme.

Le Plan Épargne Logement (PEL)

Il n'a plus l'attractivité qu'il avait. Un PEL ouvert aujourd'hui offre un taux de 1,75 % (2026), ce qui est en dessous de l'inflation. Cela reste néanmoins un support régulier et cadré pour construire une somme à long terme, mais il existe des alternatives plus performantes.

L'assurance-vie au nom de l'enfant

C'est ma recommandation principale quand le montant dépasse 1 000 euros et que l'horizon est de plus de 8 ans.

Intérêts principaux :

  • un cadre fiscal avantageux sur le long terme (après 8 ans, abattement de 4 600 euros d'intérêts),
  • possibilité de regrouper tous les dons familiaux sur un seul contrat,
  • une sortie flexible à l'âge adulte,
  • possibilité de diversifier entre fonds euros (sécurité) et unités de compte (performance).

Limites :

  • nécessite une gestion sérieuse et suivie,
  • pas toujours l'idéal pour de simples étrennes,
  • certains contrats ont des frais d'entrée élevés (à éviter).

Mon conseil : privilégiez les assurances-vie en ligne (Linxea, Boursorama, Fortuneo) qui n'ont pas de frais d'entrée. Et optez pour une gestion pilotée si vous ne voulez pas vous en occuper vous-même.

À éviter pour un enfant : le PER (Plan Épargne Retraite)

Je le dis clairement : n'ouvrez pas de PER pour un mineur. C'est un produit que certains conseillers poussent pour la déduction fiscale des parents, mais il est trop restrictif. La seule sortie anticipée autorisée avant la retraite est l'achat de la résidence principale. Pour un enfant, c'est verrouiller son argent pendant potentiellement 50 ans. Vous trouverez plus de détails sur ce sujet dans mon article sur le PER : c'est quoi et comment ça marche.

Peut-on prendre des risques pour placer l'argent des enfants ?

La loi est très claire : l'administrateur légal doit gérer les biens du mineur avec prudence et dans son intérêt exclusif (article 385 du Code civil).

En pratique :

  • on évite les actions individuelles ou le trading,
  • mais quelques unités de compte diversifiées dans une assurance-vie, c'est tout à fait raisonnable,
  • surtout quand l'horizon est de 10 ou 15 ans.

Les assureurs, eux, peuvent imposer une dose de risque minimale, surtout sur une durée longue. C'est logique : ils considèrent qu'un horizon de plusieurs années permet d'accepter une part de volatilité raisonnable.

Un exemple concret : un profil "prudent" en gestion pilotée (70 % fonds euros, 30 % unités de compte) rapporte en moyenne 3 à 4 % par an sur le long terme. Un profil "équilibré" (50/50), plutôt 4 à 6 %. Sur 15 ans, la différence est significative.

Montant initialDuréeRendement 3 %/anRendement 5 %/an
3 000 euros10 ans4 032 euros4 887 euros
3 000 euros15 ans4 672 euros6 237 euros
5 000 euros18 ans8 523 euros12 047 euros

Comment choisir la bonne option ?

Tout dépend de votre intention :

  • Argent utilisable facilement : Livret A, Livret Jeune
  • Objectif éducatif : Livret A ou livret enfant, avec un rituel de suivi
  • Projet long terme (études, premier logement) : assurance-vie
  • Montants très importants (+ de 10 000 euros) : vérifier la fiscalité du don, puis choisir un support structurant

Dans tous les cas, la clé reste la même : expliquer, transmettre et impliquer l'enfant dans la gestion de son argent. C'est le meilleur investissement que vous puissiez faire pour lui.

Les erreurs que je vois le plus souvent

Après plusieurs années d'accompagnement, voici les pièges dans lesquels tombent régulièrement les familles :

  1. Laisser l'argent dormir sur un compte courant. C'est la situation la plus fréquente. L'argent ne rapporte rien et perd de la valeur avec l'inflation.
  2. Ouvrir un produit inadapté sur les conseils de la banque. Certains conseillers poussent des assurances-vie avec 3 % de frais d'entrée. Sur un versement de 5 000 euros, c'est 150 euros perdus dès le départ.
  3. Ne pas expliquer à l'enfant. L'argent placé "en secret" perd toute sa valeur pédagogique. Un enfant qui sait qu'il a de l'argent qui grandit pour lui est un enfant qui apprend la valeur de l'épargne.
  4. Vouloir tout optimiser fiscalement. À vouloir défiscaliser à tout prix (PER, démembrement), on oublie que l'objectif premier est la transmission et la disponibilité pour l'enfant.

Pour aller plus loin

Pour calculer combien l'épargne de votre enfant pourrait représenter à ses 18 ans, utilisez le simulateur d'épargne.

FAQ

À partir de quel âge peut-on ouvrir un placement pour un enfant ?

Dès la naissance, vous pouvez ouvrir un Livret A au nom de votre enfant. L'assurance-vie est également accessible dès le plus jeune âge, avec les parents comme administrateurs légaux. Le Livret Jeune, lui, est disponible à partir de 12 ans.

Quelle est la différence entre un Livret A et une assurance-vie pour un enfant ?

Le Livret A est un placement sécurisé et disponible immédiatement, idéal pour les petites sommes et l'apprentissage de l'épargne. L'assurance-vie offre un cadre fiscal avantageux sur le long terme et permet de diversifier les investissements, mais elle nécessite une gestion plus active de la part des parents.

Les sommes offertes aux enfants sont-elles imposables ?

Les présents d'usage (cadeaux de Noël, anniversaire) ne sont pas imposables tant qu'ils restent proportionnés aux revenus du donateur. Au-delà, les dons familiaux bénéficient d'un abattement de 31 865 euros par petit-enfant tous les 15 ans, sans fiscalité. Vérifiez les seuils selon votre situation.

Faut-il ouvrir une assurance-vie dès la naissance ?

Si vous savez que l'enfant recevra régulièrement de l'argent (grands-parents généreux, par exemple), c'est une bonne idée. Le compteur fiscal de l'assurance-vie commence à tourner dès l'ouverture : après 8 ans, les retraits sont très peu fiscalisés. Un contrat ouvert à la naissance sera pleinement optimisé quand l'enfant aura 8 ans. À 18 ans, c'est un outil parfaitement mature.

Combien faut-il mettre de côté pour un enfant chaque mois ?

Il n'y a pas de montant minimum. 30 euros par mois sur un Livret A, c'est 6 480 euros à 18 ans (hors intérêts). 50 euros par mois sur une assurance-vie à 4 % par an, c'est environ 15 400 euros à 18 ans. L'important, c'est la régularité, pas le montant.

Besoin d'un avis sur l'épargne de votre enfant ?

Chaque situation est différente : montant, âge, objectifs, fiscalité. Dans ma pratique, je vois des familles qui hésitent pendant des mois, pendant que l'argent dort et perd de la valeur. La meilleure décision, c'est celle qu'on prend maintenant, même si elle n'est pas parfaite.

On peut prendre 15 minutes ensemble pour éclaircir la meilleure solution, simplement et sans pression.

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