Les fêtes de fin d'année, les anniversaires, les communions : à chaque occasion, la même question revient dans les familles. Comment placer l'argent des enfants pour que cette somme ne dorme pas sur un compte courant ?
Dans ma pratique, c'est un sujet qui revient très souvent. Des parents me contactent en me disant : "Ma fille a 2 300 euros sur son compte, je ne sais pas quoi en faire." Ou bien : "Les grands-parents donnent 500 euros à chaque Noël, et ça s'accumule sans rien rapporter."
La bonne réponse dépend toujours de deux choses :
Recevoir un billet, un chèque ou un virement est devenu très courant. Mais une fois l'enveloppe ouverte, que fait-on concrètement de cette somme pour un mineur ?
Pour quelques dizaines ou centaines d'euros, l'objectif n'est souvent pas de préparer l'avenir, mais d'offrir une petite liberté à l'enfant.
Je me souviens d'un client, Franck, qui était un peu gêné de m'appeler pour "seulement 200 euros". Il avait reçu des étrennes pour sa fille de 8 ans et ne savait pas s'il fallait les placer ou la laisser s'acheter un jeu vidéo. Ma réponse : les deux. On a déposé 150 euros sur son Livret A et elle a pu s'offrir quelque chose avec le reste. Ce jour-là, elle a compris qu'on pouvait faire deux choses avec de l'argent : en profiter maintenant et le faire grandir pour plus tard.
Même si l'enfant ne dépense pas la somme immédiatement, il est utile de déposer l'argent à la banque, sur un support simple et accessible. Cela permet de :
Dans ce cas, on privilégie un livret accessible, sur lequel l'argent reste disponible pour un petit projet choisi avec les parents.
Deux solutions reviennent souvent pour placer l'argent des enfants sur le court terme.
C'est le réflexe numéro un, et il est souvent le bon :
Dans ma pratique, je recommande systématiquement d'ouvrir un Livret A dès la naissance. Même si les sommes sont modestes au départ, c'est un outil concret pour enseigner l'épargne. Un de mes clients, Alexandre, a ouvert le Livret A de son fils le jour de sa naissance, avec 10 euros. Six ans plus tard, entre les versements réguliers et les cadeaux familiaux, le solde dépasse 4 500 euros. Son fils sait que "l'argent travaille pour lui", et c'est peut-être le meilleur cadeau qu'il ait reçu.
À partir de 12 ans, c'est une bonne transition :
Les banques proposent aussi parfois des livrets enfants, avec des taux variables. Dans tous les cas, ce sont des supports conçus pour des montants modestes, avec une trésorerie disponible immédiatement.
Ce sujet me tient particulièrement à coeur. À 22 ans, j'ai perdu 10 000 euros sur un mauvais conseil financier. Si on m'avait appris plus tôt à comprendre ce qu'on me proposait, à poser les bonnes questions, je n'aurais jamais signé les yeux fermés.
Certaines familles souhaitent donner une valeur éducative au cadeau : apprendre à mettre de côté et suivre l'évolution de l'argent au fil des mois.
Dans ce cas, un livret bancaire reste tout à fait adapté :
Un conseil concret : montrez à votre enfant le relevé du livret une fois par an. Expliquez-lui les intérêts versés. Même 12 euros d'intérêts sur un Livret A, pour un enfant de 9 ans, c'est magique. Il voit que l'argent a "poussé" tout seul.
Pour les parents, c'est l'occasion d'expliquer :
J'ai accompagné une famille, Sophie et Corentin, qui avaient instauré un "conseil de famille financier" trimestriel avec leurs deux enfants (10 et 13 ans). Chaque trimestre, ils regardent ensemble les livrets, expliquent les intérêts, et décident ensemble d'un petit objectif d'épargne. Résultat : leur fille aînée a financé la moitié de son voyage scolaire avec son propre argent. La fierté qu'elle en a tiré vaut bien plus que les euros.
Certaines sommes sont plus importantes : 1 000 euros, 3 000 euros, 5 000 euros. Dans ces cas-là, on change de logique. On ne parle plus simplement de "petites économies", mais de vrais projets d'avenir : études, permis de conduire, apport immobilier.
C'est exactement la situation de Karine, une cliente que j'ai accompagnée. Ses parents avaient donné 8 000 euros à la naissance de sa fille, "pour plus tard". L'argent dormait sur un compte courant depuis 5 ans. En 5 ans, avec l'inflation, ces 8 000 euros avaient perdu environ 800 euros de pouvoir d'achat. On a transféré le tout sur une assurance-vie en gestion pilotée. À 18 ans, avec un rendement raisonnable de 4 % par an, cette somme pourrait atteindre 14 000 euros. De quoi financer un beau départ dans la vie.
Plusieurs options existent pour placer l'argent des enfants sur le long terme.
Il n'a plus l'attractivité qu'il avait. Un PEL ouvert aujourd'hui offre un taux de 1,75 % (2026), ce qui est en dessous de l'inflation. Cela reste néanmoins un support régulier et cadré pour construire une somme à long terme, mais il existe des alternatives plus performantes.
C'est ma recommandation principale quand le montant dépasse 1 000 euros et que l'horizon est de plus de 8 ans.
Intérêts principaux :
Limites :
Mon conseil : privilégiez les assurances-vie en ligne (Linxea, Boursorama, Fortuneo) qui n'ont pas de frais d'entrée. Et optez pour une gestion pilotée si vous ne voulez pas vous en occuper vous-même.
Je le dis clairement : n'ouvrez pas de PER pour un mineur. C'est un produit que certains conseillers poussent pour la déduction fiscale des parents, mais il est trop restrictif. La seule sortie anticipée autorisée avant la retraite est l'achat de la résidence principale. Pour un enfant, c'est verrouiller son argent pendant potentiellement 50 ans. Vous trouverez plus de détails sur ce sujet dans mon article sur le PER : c'est quoi et comment ça marche.
La loi est très claire : l'administrateur légal doit gérer les biens du mineur avec prudence et dans son intérêt exclusif (article 385 du Code civil).
En pratique :
Les assureurs, eux, peuvent imposer une dose de risque minimale, surtout sur une durée longue. C'est logique : ils considèrent qu'un horizon de plusieurs années permet d'accepter une part de volatilité raisonnable.
Un exemple concret : un profil "prudent" en gestion pilotée (70 % fonds euros, 30 % unités de compte) rapporte en moyenne 3 à 4 % par an sur le long terme. Un profil "équilibré" (50/50), plutôt 4 à 6 %. Sur 15 ans, la différence est significative.
| Montant initial | Durée | Rendement 3 %/an | Rendement 5 %/an |
|---|---|---|---|
| 3 000 euros | 10 ans | 4 032 euros | 4 887 euros |
| 3 000 euros | 15 ans | 4 672 euros | 6 237 euros |
| 5 000 euros | 18 ans | 8 523 euros | 12 047 euros |
Tout dépend de votre intention :
Dans tous les cas, la clé reste la même : expliquer, transmettre et impliquer l'enfant dans la gestion de son argent. C'est le meilleur investissement que vous puissiez faire pour lui.
Après plusieurs années d'accompagnement, voici les pièges dans lesquels tombent régulièrement les familles :
Pour calculer combien l'épargne de votre enfant pourrait représenter à ses 18 ans, utilisez le simulateur d'épargne.
Dès la naissance, vous pouvez ouvrir un Livret A au nom de votre enfant. L'assurance-vie est également accessible dès le plus jeune âge, avec les parents comme administrateurs légaux. Le Livret Jeune, lui, est disponible à partir de 12 ans.
Le Livret A est un placement sécurisé et disponible immédiatement, idéal pour les petites sommes et l'apprentissage de l'épargne. L'assurance-vie offre un cadre fiscal avantageux sur le long terme et permet de diversifier les investissements, mais elle nécessite une gestion plus active de la part des parents.
Les présents d'usage (cadeaux de Noël, anniversaire) ne sont pas imposables tant qu'ils restent proportionnés aux revenus du donateur. Au-delà, les dons familiaux bénéficient d'un abattement de 31 865 euros par petit-enfant tous les 15 ans, sans fiscalité. Vérifiez les seuils selon votre situation.
Si vous savez que l'enfant recevra régulièrement de l'argent (grands-parents généreux, par exemple), c'est une bonne idée. Le compteur fiscal de l'assurance-vie commence à tourner dès l'ouverture : après 8 ans, les retraits sont très peu fiscalisés. Un contrat ouvert à la naissance sera pleinement optimisé quand l'enfant aura 8 ans. À 18 ans, c'est un outil parfaitement mature.
Il n'y a pas de montant minimum. 30 euros par mois sur un Livret A, c'est 6 480 euros à 18 ans (hors intérêts). 50 euros par mois sur une assurance-vie à 4 % par an, c'est environ 15 400 euros à 18 ans. L'important, c'est la régularité, pas le montant.
Chaque situation est différente : montant, âge, objectifs, fiscalité. Dans ma pratique, je vois des familles qui hésitent pendant des mois, pendant que l'argent dort et perd de la valeur. La meilleure décision, c'est celle qu'on prend maintenant, même si elle n'est pas parfaite.
On peut prendre 15 minutes ensemble pour éclaircir la meilleure solution, simplement et sans pression.
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