Et si renoncer à un avantage fiscal à l’entrée pouvait rapporter plus à la sortie ? C’est exactement ce qu’a découvert Jérôme, 62 ans, au moment de débloquer l’épargne retraite qu’il a patiemment constituée pendant plus de 10 ans sur son Plan Épargne Retraite (PER). Technicien dans le secteur de la maintenance industrielle, Jérôme a toujours eu un revenu modeste. Pourtant, lors de l’ouverture de son PER, il a pris une décision peu commune : il a volontairement refusé de déduire ses versements de son revenu imposable.
À l’époque, cela a surpris plus d’un conseiller. Et pourtant, ce choix s’est révélé particulièrement judicieux au moment de la liquidation de son épargne. Pourquoi ? Parce qu’en reportant l’avantage fiscal à la sortie, Jérôme optimise aujourd’hui sa fiscalité de manière bien plus efficace. Décryptage de cette stratégie intelligente, à travers l’histoire de Jérôme et les choix qu’il a dû faire au moment de transformer son capital retraite.
Jérôme a commencé à épargner à 50 ans. Chaque année, il plaçait 3 000 euros sur son PER, sans jamais profiter de la possibilité de déduire ces sommes de son revenu imposable. En 12 ans, il a donc versé 36 000 euros. Grâce à une performance moyenne de 3,5 % par an, son contrat affiche désormais un capital total de 50 200 euros, dont 14 200 euros de plus-values.
Pourquoi n’a-t-il pas défiscalisé ? Parce qu’à l’époque, avec une Tranche Marginale d’Imposition (TMI) à 11 %, l’économie d’impôt immédiate aurait été relativement faible : seulement 330 euros par an, soit 3 960 euros sur 12 ans. Jérôme a donc préféré “sacrifier” cet avantage pour bénéficier d’un traitement plus favorable au moment de la sortie.
Et il a bien fait. Aujourd’hui, son profil fiscal a changé. Il perçoit une rente viagère issue d’un bien immobilier en indivision, ce qui a fait grimper sa TMI à 30 %. S’il avait déduit ses versements à l’entrée, il aurait dû re-fiscaliser l’intégralité du capital, y compris les versements, au taux de 30 %. En choisissant de ne pas défiscaliser, seuls les gains sont imposés.
Arrivé à l’âge de la retraite, Jérôme dispose de trois options pour débloquer son Plan Épargne Retraite :
Sortie en capital : il peut retirer tout ou partie de son PER en une ou plusieurs fois. Cette option est souple et permet d’utiliser librement les sommes : projets personnels, aides familiales, loisirs…
Sortie en rente viagère : il transforme le capital en un revenu régulier à vie. Une solution rassurante pour ceux qui craignent de vivre très longtemps ou qui veulent sécuriser un minimum de revenus.
Sortie mixte : il combine les deux approches pour équilibrer souplesse et sécurité.
Chacune de ces options a des conséquences fiscales spécifiques. Jérôme doit donc les comparer attentivement pour faire le bon choix.
Jérôme envisage de récupérer les 50 200 euros d’un coup. Comme ses versements n’ont jamais été déduits, les 36 000 euros de capital sont exonérés d’impôt. Seuls les 14 200 euros de gains sont soumis aux prélèvements sociaux (17,2 %) et au PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) de 12,8 %.
Voici le calcul :
Prélèvements sociaux : 14 200 × 17,2 % = 2 442 €
PFU : 14 200 × 12,8 % = 1 817,60 €
Total impôts : 4 259,60 €
💡 Résultat : Jérôme récupère 45 940,40 € nets.
Avec cette somme, il envisage :
De financer des travaux dans sa maison de campagne en Bretagne,
De faire un don à ses petits-enfants, à travers une assurance-vie ouverte chez Marceau Placements & Assurance,
Et de s’acheter enfin un petit voilier pour profiter des week-ends sur la côte atlantique !
Autre possibilité : Jérôme pourrait convertir son PER en rente viagère. D’après les simulations de CamilleServices, son capital lui garantirait une rente annuelle de 2 500 €.
Cette rente serait soumise au régime des Rentes Viagères à Titre Onéreux (RVTO), car il n’a pas bénéficié de l’avantage fiscal à l’entrée. À 62 ans, l’abattement fiscal est de 60 % : seuls 40 % de la rente sont imposables.
Calcul :
Base imposable : 2 500 × 40 % = 1 000 €
Impôt sur le revenu (TMI 30 %) : 1 000 × 30 % = 300 €
Prélèvements sociaux : 1 000 × 17,2 % = 172 €
Total impôts/an : 472 €
Résultat : Jérôme perçoit 2 028 € nets par an, à vie. C’est un choix rassurant mais fiscalement un peu moins efficace qu’une sortie en capital.
Et si Jérôme décidait de combiner les deux options ? Il pourrait retirer 30 000 € en capital, et transformer les 20 200 € restants en rente.
Calcul pour la part en capital (8 485 € de gains) :
Prélèvements sociaux : 1 459 €
PFU : 1 085 €
Total : 2 544 €
Capital net : 30 000 – 2 544 = 27 456 €
Pour la rente (1 000 €/an) :
Base imposable : 400 €
Impôt IR (30 %) : 120 €
Prélèvements sociaux : 68,80 €
Net annuel : 811 €
Un bon compromis pour ceux qui souhaitent sécuriser une partie de leur avenir tout en disposant d’un capital immédiat.
Après étude, Jérôme a tranché : il sortira la totalité de son Plan Épargne Retraite en capital. Déjà bénéficiaire d’une rente immobilière, il n’a pas besoin de revenus supplémentaires réguliers. Ce choix lui permet de maximiser le capital perçu : 45 940 € nets, contre à peine 39 100 € s’il avait opté pour la déductibilité à l’entrée.
Voici la comparaison :
Scénario Capital net perçu
Avec déduction à l’entrée 39 100 €
Sans déduction 45 940 €
**Gain net **+ 6 840 €
Bitcoin : qui a intérêt à tout vendre ?
Alors que le Bitcoin franchissait avec éclat le seuil symbolique des 100 000 dollars fin janvier, la chute brutale vers les 80 000 dollars le 10 mars a surpris jusqu’aux plus fervents partisans de la cryptomonnaie. Une correction de plus de 20 % en un mois, dans un climat pourtant favorable, soulève une question essentielle : que se passe-t-il vraiment ? Et surtout, qui a intérêt à tout vendre maintenant ? Entre stratégie financière, prise de profits et gestion de risque, décryptons les enjeux derrière cette dégringolade.
Plus-value : les amortissements réintégrés dedans pour la location meublée dès 2025 ?
La location meublée bénéficie d'une fiscalité très avantageuse, mais cette niche pourrait se restreindre dès 2025 avec la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value immobilière. Après une tentative avortée l’an dernier, cette réforme refait surface dans le projet de loi de finances pour 2025. Les propriétaires en location meublée, notamment ceux qui louent via des plateformes comme Airbnb, pourraient être particulièrement affectés par cette évolution. Examinons les conséquences possibles de cette disposition, qui est concerné et quelles stratégies peuvent être envisagées.