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Immobilier et travaux, est ce la bonne période ? La pénurie et la forte hausse des prix des matériaux (bois, acier, PVC…) frappent de plein fouet le secteur du bâtiment. Aujourd’hui nous sommes devant un dilemme. Faut-il attendre avant de faire des travaux ou avant de lancer un projet de construction ? Ou au contraire foncer afin d’éviter de nouvelles augmentations ?

Ici votre projet immobilier.

Hausse des prix des matériaux

L’épidémie de coronavirus a eu des effets collatéral sur note vie. En effet, les prix de certaines matières comme le bois, l’aluminium ou encore l’acier flambent depuis le début de l’année. Avec la reprise en Chine, puis aux Etats-Unis et en Europe, la demande explose et l’offre a du mal à suivre avec des répercussions concrètes chez nous pour les entreprises du secteur du bâtiment, et bien sûr en bout de chaîne pour les particuliers.

Les produits du bâtiment connaissent des hausses régulièrement à +30%, voire plus encore, pour une gamme de plus en plus large. Au niveau de la Fédération Française du Bâtiment, ils ont tiré la sonnette d’alarme craignant que cette situation entraîne un coup d’arrêt. Car l’activité du secteur a progressé au premier semestre de 11% sur un an.

 La situation ressort très tendue, dans la plupart des métiers et sur tout le territoire. Le terme de cette crise n’est pas connue, mais elle menace de stopper net l’amorce de relance constatée. 

Quelle conséquence sur les devis signés ?

Les particuliers qui ont signé des devis pour réaliser des travaux ou fait construire leur maison doivent s’attendre à des délais supplémentaires pour que leur projet soit mené à bien. Par exemple, sur certains chantiers, le délai de fourniture des matériaux vient de passer de 4 semaines en temps ordinaire à 8 semaines.

Pour obtenir des menuiseries extérieures, l’attente passe de 6 semaines à 12 semaines. Et encore, certaines entreprises proche de l’Allemagne, peuvent avoir d’autres sources d’approvisionnement. Difficile cependant de tabler sur un délai moyen de retard. C’est un peu la grande loterie. Il faut donc prendre son mal en patience. Mais quel impact sur la facture finale ? Une fois que le devis est signé, on ne va pas le revoir à la hausse. Commercialement, c’est compliqué.

Quel impact pour les devis à venir ?

La situation est très différente pour ceux qui n’ont pas encore « topé » avec les artisans. Là, il va être très difficile de couper à des hausses, en plus des retards. Pour la construction d’un pavillon, il faut s’attendre à un budget global en hausse de 6 à 7%.

Un bien acheté via un promoteur, même si celui-ci pourra rogner sur la marge du foncier, aura du mal aussi à échapper à une augmentation. Mi-avril, on estimait que cette « situation critique » pourrait aussi « être dommageable pour certaines catégories de travaux aidés dans le cadre de MaPrimeRénov ». Dans la mesure où cette aide financière proposée par l’Etat pour la rénovation thermique des logements est basée sur des calculs de coût au m2, le reste à charge des bénéficiaires des aides risque d’augmenter.

Faut-il repousser son projet immobilier ou les travaux ?

Dans ce contexte, les clients ont-ils intérêt à signer maintenant un devis ? Ou plutôt d’attendre un retour à la normale ? La question a se poser, est ce le bon moment pour l’immobilier et travaux ? Actuellement très peux de clients remettent leurs plans à plus tard. Tous les autres continuent à aller de l’avant d’autant plus que de nouvelles hausses sont attendues dans les semaines à venir.

S’il est toujours possible de négocier le devis, la manœuvre est difficile. Dans un secteur où la marge moyenne des entreprises dépasse rarement les 3 à 5%, des hausses de prix de cette nature-là sont forcément répercutées sur les devis. Mais nous n’avons pas de visibilité sur la sortie de cette situation.

Nous sommes tributaires de la demande des autres pays, en Europe, en Chine ou aux Etats-Unis. Nous ne connaissons pas non plus les délais nécessaires pour restructurer les filières et reconstituer des stocks. A ce jour, il est impossible de savoir si les prix retrouveront leur niveau d’avant Covid.

Faut-il attendre avant de se lancer ? A chacun de prendre son pari. Du côté de la Fédération Française du Bâtiment, on pointe un autre nuage à l’horizon : une éventuelle remontée des taux d’intérêt. Plusieurs courtiers s’interrogent d’ailleurs, ces dernières semaines, sur une hausse des taux immo à l’automne, aujourd’hui au plus bas.

Des effets pervers sur l’immobilier et les travaux


Les deux phénomènes (prix et pénurie) entraînent bien évidemment des difficultés dans la réalisation de certains chantiers. Certaines entreprises doivent même faire des demandes de chômage partiel pour leurs salariés, ce qui est complétement paradoxal dans cette période où l’activité repart fortement.

Mais ce n’est pas tout. Certaines entreprises dénoncent des contrats signés, car la pénalité qu’elles encourent s’avère plus faible que la perte qu’elles subiraient en réalisant le chantier sans révision de son prix. La Fédération Française du Bâtiment, demande d’ailleurs un gel des pénalités en cas de retard de livraison sur les marchés publics comme privés. Dans un contrat de construction, par exemple, le montant minimum des pénalités de retard est de 1/3000e du prix de la construction par jour.