La location meublée bénéficie d’une fiscalité très avantageuse, mais cette niche pourrait se restreindre dès 2025 avec la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value immobilière. Après une tentative avortée l’an dernier, cette réforme refait surface dans le projet de loi de finances pour 2025.
Les propriétaires en location meublée, notamment ceux qui louent via des plateformes comme Airbnb, pourraient être particulièrement affectés par cette évolution. Examinons les conséquences possibles de cette disposition, qui est concerné et quelles stratégies peuvent être envisagées.
En France, la location meublée permet aux propriétaires de réduire leurs impôts de manière significative. Deux types d’imposition s’appliquent aux propriétaires louant un bien en location meublée :
L’attractivité fiscale de la location meublée réside dans la possibilité de déduire, outre les charges habituelles (taxe foncière, intérêts d’emprunt, frais d’agence…), un amortissement annuel. Cet amortissement consiste à étaler la déduction d’une partie de la valeur du bien et des équipements sur plusieurs années, réduisant ainsi la base imposable pour l’impôt sur les revenus locatifs. Par exemple, une toiture d’une valeur de 30 000 € pourrait être amortie sur 30 ans, ce qui permettrait une déduction de 1 000 € par an. En location meublée, ces déductions cumulées permettent souvent de réduire considérablement, voire d’annuler, l’impôt sur les loyers.
Concernant la plus-value, le calcul actuel n’impose aucune particularité aux biens en location meublée. La plus-value est simplement calculée sur la différence entre le prix d’achat et le prix de vente, peu importe que le bien soit loué en meublé ou non. Cependant, dès 2025, cette situation pourrait évoluer, rendant la location meublée nettement moins avantageuse fiscalement.
La réforme envisagée pour 2025 prévoit que les amortissements déduits au fil des ans en location meublée soient réintégrés dans la base de calcul de la plus-value immobilière lors de la revente. En conséquence, la fiscalité augmenterait de manière significative pour les propriétaires de biens meublés.
Prenons un exemple : un propriétaire achète un bien en location meublée pour 100 000 € et déduit, grâce à l’amortissement, 30 000 € sur ses revenus locatifs au fil des ans. Si le bien est revendu à 150 000 €, la plus-value calculée jusqu’à présent serait de 50 000 € (150 000 € – 100 000 €). Avec la réintégration de l’amortissement, les 30 000 € déduits seront ajoutés à la base imposable, portant la plus-value à 80 000 €, ce qui accroît nettement l’impôt à régler à la revente.
Par ailleurs, un autre changement envisagé pour 2025 pourrait durcir la fiscalité des plus-values en réduisant les abattements pour durée de détention. En combinant réintégration des amortissements et réduction des abattements, la fiscalité sur la plus-value des biens en location meublée pourrait dépasser 33 %, voire davantage dans certaines situations.
Le projet de loi de finances pour 2025 vise spécifiquement la location meublée, en intégrant la mesure dès l’article 24 du texte. Contrairement à l’an dernier, où cette réforme avait été discutée via des amendements, cette fois-ci la disposition est directement incluse dans le projet de loi. Les locations de courte durée via Airbnb et autres plateformes, qui relèvent généralement du statut LMNP, sont dans le collimateur du gouvernement en raison de leur impact sur le marché immobilier, particulièrement dans les zones tendues.
Cependant, il est encore possible que la loi subisse des modifications lors de son parcours législatif : des amendements peuvent être proposés, acceptés, ou supprimés. Cependant, la présence directe de cette mesure dans le texte de base indique une volonté affirmée de durcir la fiscalité de la location meublée. Les investisseurs devront ainsi anticiper et adapter leur stratégie si la réforme venait à être adoptée.
Face à cette potentielle réintégration des amortissements et à l’alourdissement de la fiscalité des plus-values, les propriétaires en location meublée disposent de quelques options pour atténuer l’impact de cette réforme.
Ces ajustements anticipés pour 2025 modifient considérablement le paysage de la location meublée en France. Une analyse approfondie de chaque situation personnelle permettra de s’adapter au mieux aux nouveaux impératifs fiscaux.
Oui, selon le projet de loi, tous les amortissements déduits au fil des ans seraient réintégrés dans le calcul de la plus-value au moment de la revente, y compris ceux déduits avant 2025. C’est ce qui rend cette mesure particulièrement impactante pour les propriétaires de longue date.
Non, la réforme vise l’ensemble des locations meublées non professionnelles (LMNP), qu’il s’agisse de location courte durée (type Airbnb) ou de location meublée longue durée. Cependant, les locations de tourisme sont particulièrement dans le collimateur du gouvernement en raison de leur impact sur le marché immobilier.
Pas nécessairement. Tout dépend de votre situation : montant des amortissements déjà déduits, durée de détention du bien et objectifs patrimoniaux. Une vente précipitée peut ne pas être la meilleure option. Consultez un professionnel pour analyser votre cas avant de prendre une décision.
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